Anecdotes

sur Edmond CHABOCHE

André CHABOCHE son petit-fils aîné qui a le mieux connu connu son grand-père se souvient de quelques anecdotes que voici :

 

1925

Mes parents, mes frères et soeurs, et moi, étions en séjour à Beaufort, dans les Alpes. Bon Papa était venu nous rejoindre avec sa voiture. Un jour, il nous avait tous emmenés en promenade sur une petite route au-dessus du village d' Arèches ; toujours aussi entreprenant, aspect merveilleux pour ses petits-enfants, il ne s'était nullement préoccupé de savoir si cette route escarpée ne se terminait pas en cul de sac. Quand nous avons constaté qu'il n'y avait aucune possibilité de faire demi-tour de façon normale, le grand-père ne perdit pas son sang-froid ; il nous fit tous descendre, car lui seul avait le droit de prendre des risques. Papa en aval et Maman en amont pour le guider, les enfants quelque peu éloignés, il avança la voiture vers le vide en faisant confiance aux signaux des parents ; et, petits bouts par petits bouts, il manoeuvra son véhicule jusqu'à se trouver en travers de la route, puis il continua habilement son laborieux demi-tour. Je me souviens que ce fut long et quelque peu inquiétant.

1928

Toute la famille est réunie à sa table, rue de la Tour d'Auvergne, à l'occasion de je ne sais plus quelle fête. À la fin du repas, Bon Papa fait lui-même le tour de la table en remplissant les coupes de champagne, avec une « milli-goutte » dans le verre des petits et une ration un peu plus sérieuse dans celui de l'aîné de ses petits-enfants. Revenu à sa place, il déclara, avec une joie indicible : « Je lève mon verre en l'honneur de mon treizième petit enfant ! » À peine fût-il rassis qu'on entendit tante Marguerite interpeller son mari : « Tu l'as dit, Henri ? On avait pourtant convenu d'attendre un peu... » Alors, Bon Papa se leva de nouveau et, imperturbable, annonça: « Je lève mon verre en l'honneur de mon quatorzième petit enfant ! » Ce fut évidemment un grand rire et une joie générale, le treizième étant chez les Pierre.

1929

Voici enfin un événement dont tu ne connais peut-être pas les causes : c'est sa voiture qui a tué mon grand-père. En effet, au cours d'un voyage, il tomba en panne ; je pense que tante Cécile devait être avec lui ; voulant essayer de réparer lui-même, il se coucha sous la voiture un bon moment. Je ne sais plus s'il se dépanna, mais, rentré chez lui, il avait attrapé une sérieuse broncho-pneumonie qui, à l'époque et à son âge, ne pardonnait pas. Quinze jours ou trois semaines plus tard, il n'était plus parmi nous.

(André CHABOCHE - lettre du 20 juin 2002)

 

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