VIALA

Agricol Joseph

Chef de la petite Garde nationale d’Avignon (Avignon 22.9.1780 - Bonpas (Avignon) (Vaucluse) 8.7.1793)

En juillet 1793, les Royalistes, occupant la rive gauche de la Durance marchent sur Avignon. Les Républicains pour les arrêter décident de couper les câbles du bac de Bonpas. Viala de la petite Garde nationale d’Avignon, dite de l’Espérance de la patrie, se propose de les couper à coups de hache. Il est tué au cours de la mission. Marie Joseph Blaise de Chénier compose le 14 juillet 1794, l’hymne national Le Chant du départ : « De Barra, de Viala, le sort nous fait envie ; Ils sont morts, mais ils ont vaincu : Le lâche accablé d’ans n’a point connu la vie ; Qui meurt pour le peuple a vécu. Vous êtes vaillants, nous le sommes ; Guidez-nous contre les tyrans : Les républicains sont des hommes ; Les esclaves sont des enfants. » Viala est à l’origine de deux opéras : Agricol Viala, ou le jeune héros de la Durance (1.7.1794) de Louis Emmanuel Jadin et Agricol Viala, ou le héros de la Durance (9.10.1794) d’Henri Montan Berton. Une pièce de théâtre de Louis Philippon de La Madeleine s’appelle également Agricol Viala ou le jeune héros de la Durance (1794). Avignon (84000) a une rue Viala. Paris donne en 1864, le nom de Viala à une rue du 15e arrondissement. Noves (13550) a une avenue Agricol-Viala. Châteaurenard (13160) a une place Viala. Marseille (13015) a un boulevard Viala. Béziers (34500) a une rue Joseph-Agricol-Viala. Lyon (69003), Saint-Quentin (02100), Brest (29200) ont une rue Viala. Cavaillon (84300), Nîmes (30000), Tours (37000) ont une impasse Viala. Boulogne-sur-Mer (62200) a un monument dédié à Joseph Agricol Viala. Le nom VIALA est inscrit en 1836 sur l'Arc de Triomphe, pilier est, colonne 18. Viala, mort à 12 ans, est le seul nom d’enfant inscrit parmi ceux des héros de l’Arc de Triomphe.



Joseph Agricol VIALA
Extrait de La Maraîchine Normande
: La légende héroïque de Joseph-Agricol Viala par Marcel HASQUENOPH - 17-11-2013


Un autre VIALA

Le général de brigade Sébastien Viala (1763 - 1849) pourrait prétendre à la place sur l'Arc de Triomphe sauf que le nom de Viala est souligné indiquant un héros mort au combat, ce qui est le cas de tous les noms inscrits en colonne 18, sauf Chambure, nom qui n'est pas souligné. Une erreur de nom non souligné semble peu probable en colonne 18.


Le général Sébastien Viala a été blessé d'un coup de feu au côté droit et laissé pour mort à la bataille d'Auerstaedt, le 14 octobre 1806. Ne serait-ce pas l'explication du nom Viala souligné ?

Le général Saint-Cyr-Nugues qui a choisi les noms à inscrire sur l'Arc de Triomphe en 1836 est directeur du personnel des opérations militaires au ministère de la Guerre en juillet 1834 puis membre de la commission chargée de réviser et de compléter le travail relatif à l'organisation de la défense nationale en novembre 1836. Il a facilement accès aux dossiers des officiers au ministère de la Guerre et peut sans problème vérifier que Sébastien Viala n'a pas été tué à Auerstaedt et qu'il touche une pension de retraite en 1836. L'erreur qu'aurait pu commettre Saint-Cyr-Nugues paraît peu probable.


Si le nom d'Agricol Joseph Viala, mort au combat et héros du chant du départ a été choisi pour être inscrit sur l'Arc de Triomphe, pourquoi celui de Joseph Bara, enfant également mort au combat et héros du chant de départ, n'a-t-il pas été  retenu ?

Joseph Bara a été tué le 7 décembre 1793 à Jallais lors d'une attaque par les Vendéens. Il avait quatorze ans mais n'a jamais combattu à la tête d'une troupe comme Agricol Joseph Viala qui commandait la petite Garde nationale d'Avignon. Or Saint-Cyr-Nugues en choisissant les noms à inscrire sur l'Arc de Triomphe en 1836 indique qu'il a choisi « 384 militaires, les plus distingués parmi ceux de nos chefs qui ont combattu à la tête des troupes sous la République et sous l'Empire »Le choix du seul Agricol Joseph Viala paraît se justifier.


Saint-Cyr-Nugues dit lui-même dans sa lettre du 6 février 1836 qu'il a retenu pour être inscrit sur l'Arc de Triomphe, 384 militaires « soit comme généraux en chef ou maréchaux, soit comme commandants de corps d'armée et lieutenants-généraux, soit comme généraux de division, et même comme généraux de brigade et colonels, ceux-ci en petit nombre, mais choisis de préférence quand ils se recommandent par des services emminents, ou par une mort glorieuse sur le champ de bataille ». Comment Agricol Joseph Viala qui n'est pas colonel et qui est un enfant a-t-il pu être retenu pour être inscrit sur l'Arc de Triomphe ?

Saint-Cyr-Nugues a aussi choisi des personnages qui ne correspondaient aux critères définis : le lieutenant-colonel Beaurepaire tué lors du siège de Verdun en 1792, le chef d'escadron provisoire et aide de camp de Bonaparte, Sulkowski tué par des
émeutiers au Caire en 1798 et surtout le capitaine et premier grenadier de la République La Tour d'Auvergne tué à Oberhausen en Allemagne en 1800. Aucun n'a atteint le grade de colonel mais le seul point commun est qu'ils ont tous les trois été tués dans des circonstances glorieuses face à l'ennemi. Alors pourquoi Joseph Agricol Viala dans les mêmes conditions de mort n'aurait-il pas été choisi ?



Joseph Agricol Viala, même s'il a commandé la petite Garde nationale d'Avignon est un enfant et c'est le seul au milieu de militaires reconnus. Comment Saint-Cyr-Nugues a-t-il pu être conduit à ce choix ?

Saint-Cyr-Nugues est écrivain / journaliste au Spectateur militaire et a lu ou consulté de nombreux livres dont probablement celui de Louis François L'Héritier Les Fastes de la Gloire ou Les Braves recommandées à la postérité, Monument élevé aux Défenseurs de la Patrie, par une Société d'hommes de Lettres et de Militaires, Paris, 1818-1824. Dans ce livre qui a été réédité sous le titre Dictionnaire des Braves de Napoléon en 2004, on peut noter que Joseph Agricole (et non Agricol) Viala y figure au tableau d'honneur mais pas Joseph Bara (ou Barra). On y trouve aussi le colonel Higonet tué à Auerstaedt mais pas Sébastien Viala. Y figure enfin le premier grenadier La Tour-d'Auvergne.



A. D. Juillet 2018




P. LAROUSSE : Grand dictionnaire universel du XIXème siècle, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel, 1865 à 1878

M. MOLIÈRES, N. GRIFFON de PLEINEVILLE : Dictionnaire des Braves de Napoléon, Paris, Le Livre chez vous, 2004

A. SOBOUL : Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, P.U.F., 1989

B. STÉPHANE : Dictionnaire des noms de rues, Mengès, 1978 - (rues de Paris)

J. TULARD, J.-F. FAYARD, A. FIERRO : Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Paris, Laffont, 1988


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