LAUBADÈRE

Germain Félix TENET DE LAUBADÈRE                                                                                   

Général de division (Bassoues (Gers) 20.2.1749 - Rouen 8.8.1799)                                                     

Fils de Joseph Tenet de Laubadère, et de Marie Anne Françoise, née de Sérignac, Laubadère est soldat au régiment d’Auvergne en 1772, sous-lieutenant en 1773, capitaine d’une compagnie de grenadiers en 1784. Le 9 novembre 1790 à Calais, il épouse Marie Jeanne Françoise Éléonore, fille de Jean François Devimeux, directeur des diligences et messageries royales de Calais. Lieutenant-colonel du 12e d’infanterie en février 1792, Laubadère est colonel du 30e d’infanterie en octobre 1792. À l’armée de Moselle, il est maréchal de camp le 8 mars 1793. Sous Delaage, il se distingue et est blessé à Arlon le 9 juin 1793. Général de division le 30 juin 1793, il est commandant à Calais en août 1793, sur les côtes de la Somme en janvier 1795, de la 15e division militaire à Rouen, en septembre 1796. Le nom de LAUBADERE est inscrit sur l'Arc de Triomphe, sur le pilier nord, colonne 05.

 

 

 Un autre LAUBADÈRE peut-il prétendre à la place sur l'Arc de Triomphe ?

 

Le général Saint-Cyr-Nugues qui a choisi en 1836 les noms des 384 premiers inscrits sur l'Arc de Triomphe a laissé très peu d'informations sur ses choix. Germain Félix Tenet de Laubadère, et son frère le général de division Joseph Marie Tenet de Laubadère ont eu des parcours assez voisins. Ils pourraient donc prétendre à la même place.

 

Joseph Marie TENET DE LAUBADÈRE

Général de division (Bassoues (Gers) 27.4.1745 - Pouylebon 8.4.1809)

Fils de Joseph Tenet de Laubadère, et de Marie Anne Françoise, née de Sérignac, frère de Germain Félix, Laubadère est lieutenant en second à l'école de génie de Mézières en janvier 1765. Capitaine en second en janvier 1777, capitaine en premier en mars 1785, Laubadère est lieutenant-colonel en mars 1792. Il sert à l'armée du Rhin et est nommé le même jour que son frère, maréchal de camp le 8 mars 1793. Général de division le 15 mai 1793, il est commandant à Laudau et soutient un siège de 6 mois avant d'être débloqué le 28 décembre 1793 par l'armée de Hoche venue à son secours. Chargé de l'investissement du fort d'Alsace en janvier 1794, il est arrêté en juin 1794 puis libéré en juillet 1794 et nommé à l'armée d'Italie. Laubadère est admis à la retraite en mars 1798. Il avait épousé la veuve du lieutenant-colonel Guillaume de Montesquiou, née Loumaigne.

 

Les deux frères Laubadère sont cités dans le Dictionnaire des Braves de Napoléon issu des Fastes de la Gloire de 1818 - 1824.

LAUBADERE (Germain-Félix Tennet de) général de division né à Bassonnes.

Laubadère entra au service en 1773, il fit ses premières armes en Amérique avec le régiment du Gâtinois, où il était sous-lieutenant. Après s'être signalé dans deux combats sur mer, à bord de l'Annibal et du Destin, et avoir déployé la plus grande valeur à la prise des îles Turques, au siège de Pensacola et d'Yorck, il revint en France, où il fut fait capitaine en 1788, au 18e régiment d'infanterie de ligne, ci-devant Royal d'Auvergne. Il était allé rejoindre ce corps à Calais, lorsqu'un événement imprévu lui fournit l'occasion de faire briller une grande fermeté de caractère et une admirable présence d'esprit. On annonce un soir que les grenadiers du régiment viennent de déserter avec armes et bagages : Laubadère se précipite sur leurs pas, il les atteint aux portes de la ville, et apprend d'eux que leur mécontentement provient des mauvais traitements que leur fait éprouver le major. Il les harangue dans l'espoir de les faire rentrer dans le devoir ; mais leur parti est pris, ils veulent continuer leur marche sur Dunkerque pour gagner les terres de l'Empire. « Eh bien, leur dit-il, puisque vous insistez, nous déserterons ensemble ; je ne consentirai pas à me séparer de braves gens tels que vous. » Aussitôt, feignant de partager leur mécontentement, il se met à leur tête. A quelque distance de là il se fait indiquer une fausse route, et au point du jour, il les ramène, sans qu'ils s'en doutent, sous les murs de Calais. Les soldats sont d'abord surpris de se retrouver au point d'où ils étaient partis. Laubadaère profitant de l'étonnement dans lequel ils sont, leur peint alors toute l'énormité de leur faute. « Mes amis, leur dit-il, les vingt-quatre heures ne sont pas expirées, nous pouvons encore revenir sous les drapeaux du roi, et ne pas flétrir une compagnie qui fut toujours guidée par l'honneur. » Ce discours les touche, mais une crainte les retient encore, ils appréhendent d'être traités comme déserteurs : Laubadère a bientôt levé ce dernier obstacle, en leur donnant par écrit l'assurance qu'aucune punition ne leur sera infligée. Pleins de confiance dans la loyauté de cet officier, ils rentrent avec lui dans la place, dont le commandement reçut, peu de jours après, du ministère de la guerre, une lettre ainsi conçue : « Le roi confirme la parole de M. de Laubadère, et me charge de lui témoigner sa satisfaction. » En 1791, Laubadère, à la tête de la même compagnie de grenadiers, réussit à comprimer deux émeutes qui éclatèrent successivement dans Calais. Le courage qu'il déploya dans ces deux circonstances difficiles lui concilia l'estime et la reconnaissance des habitants. Peu de temps après il reçut la croix de Saint-louis. Nommé lieutenant-colonel en 1792 dans le 12e régiment d'infanterie de ligne, il ne tarda pas à être fait colonel, et ce fut en cette qualité qu'il commanda dans l'armée de la Moselle le 30e régiment de ligne avec lequel il se trouva constamment à l'avant-garde. Promu au grade de maréchal-de-camp, les citoyens de Calais, qui n'avaient pas perdu le souvenir des services qu'il leur avait rendus, le demandèrent pour commandant. « Le conseil exécutif, leur répondit le ministre de la guerre, pense que les talents militaires de cet officier sont plus utiles à l'armée, où il est employé d'une manière active. » Le 9 juin de la même année, à la glorieuse affaire d'Arlon, Laubadère fut grièvement blessé en chargeant avec intrépidité à la tête d'une colonne d'infanterie. Sa conduite distinguée, dans cette bataille qui préluda, pour ainsi dire, à cette longue série de victoires remportées par les Français, lui valut le grade de général de division. Appelé, sur la recommandation de son ami le général Pichegru, au commandement de la 12e division militaire, Laubadère termina son honorable carrière le 7 août 1799, à Rouen, où sa modération et sa bonté l'avaient fait généralement estimer. Tous ceux qui l'avaient connu, le regrettèrent. Calais et Rouen, ces deux grandes cités, qui à des époques différentes, avaient apprécié les vertus de ce guerrier, recommandèrent au gouvernement sa veuve et sa fille, à qui il ne laissait pour héritage qu'un nom que l'on citera toujours parmi les plus glorieux. Nous pensons que les faits rapportés dans cette notice, d'après les documents les plus authentiques, suffiront pour réfuter les calomnies et les faussetés, par lesquelles les auteurs d'une Biographie, à la fois scandaleuse et malveillante, publiée en 1816 chez le libraire Eymery, ont cherché à flétrir la mémoire du brave général Laubadère.

 

LAUBADERE (Joseph Marie Tennet de) général de division du génie

Après s'être signalé dans les premiers combats de la révolution, Laubadère fut employé à Landau, dont il prit le commandement des mains du général Gillot, appelé à l'armée du Rhin. Assiégé dans cette place par les Prussiens, il se défendit pendant cinq mois contre les troupes des coalisés. Quoique l'arsenal eût été incendié, qu'un magasin de poudre eût sauté, et avec lui une partie de la courtine et des maisons environnant l'hôtel de ville, que plus de trente mille bombes fussent tombées dans la place, que la garnison manquât de vivres, et que la livre de pain coûtât jusques à quatorze francs, loin de songer à capituler, il renvoya audacieusement au général Knobelsdorff toutes les sommations qui lui furent adressées. La réponse de Laubadère, aux menaces du prince de Hohenlohe, montre quels étaient le caractère et les principes de ce général, que l'élévation de son âme et l'austérité de ses mœurs devaient nécessairement rattacher à l'amour de la patrie : « Je défends la cause de l'humanité, écrivait-il au prince, vous défendez celle des rois. La mienne prépare le bonheur du globe : puissiez-vous en dire autant de la vôtre ! » Laubadère rendit encore quelques services à sa patrie ; mais en 1808, des infirmités graves l'ayant empêché de continuer à partager les travaux de nos armées, il fut chargé par le ministère de la guerre de diriger le conseil de recrutement du Gers. Il mourut à Auch en 1809.

En-tête de lettre de Joseph Marie Tennet de Laubadère, adressée de Landau, au ministre de la guerre, le 17 germinal an 2 (6 avril 1794)

Joseph Marie Tenet de Laubadère est aussi cité dans le Dictionnaire encyclopédique Larousse du XIXe à l'article Landau.

Rentré dans Landau, Gilot fit jurer à sa garnison de s'ensevelir sous les ruines de la place plutôt que de se rendre. Ce fut également la réponse qu'il adressa à une seconde sommation. Sur ces entrefaites, ayant été appelé à l'armée du Rhin, il fut remplacé par le général Laubadère, animé des mêmes sentiments et de la même intrépidité. Il y avait six mois que les Autrichiens bloquaient Landau sans succès, lorsque l'arrivée des Prussiens, dans le courant d'octobre, vint changer ce blocus en un siège régulier et pressant. Le bombardement commença et fit d'effroyables ravages : le 29 octobre 1793, l'arsenal fut incendié ; le magasin à poudre de la porte de France sauta, et, avec lui une partie de la courtine et des maisons qui avoisinaient l'hôtel de ville. Rien ne put faire plier la fermeté de Laubadère qui renvoya au général Knobelsdorff une sommation que celui-ci lui avait adressée. Cependant les Prussiens étaient pressés d'en finir ; ils sentaient les armées françaises sur leurs derrières et sur leur flanc, et ils craignaient de se voir couper les communications entre l'Alsace et la Lorraine ; dans les premiers jours de novembre ils lancèrent 25 000 bombes dans Landau qu'ils incendièrent pour ainsi dire de fond en comble. Mais cette barbare exécution resta inutile, et les Prussiens durent se retirer en n'emportant que la honte de cette férocité. Les Autrichiens restèrent seuls devant Landau. On ne vivait depuis trois semaines, dans cette malheureuse ville, que de cheval, de chat et d'herbages. Laubadère, malgré son héroïque défense, se voyait sur le point de demander une capitulation ; mais un libérateur s'approchait : Hoche, après une série de brillants succès remportés sur les Autrichiens, parut devant Landau, où il entra le 26 décembre (1793), ramenant avec lui l'abondance.

 

Selon Léon Hennet dans le 3e volume de la Sabretache de 1895, c'est le nom de Joseph Marie Tenet de Laubadère qui est inscrit sur l'Arc de Triomphe.

Ce choix s'explique peut-être par la date de 1895. À cette époque, l'Alsace-Lorraine est allemande et la résistance de la ville de Landau (alsacienne de 1648 à 1815) paraît être un fait d'armes particulièrement remarquable.

 

■ Selon Georges Six dans son Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire de 1934, c'est le nom de Germain Félix Tenet de Laubadère qui est inscrit sur l'Arc de Triomphe.


■ Selon Nathan D. Jensen (www.frenchempire.net), c'est le nom de Germain Félix Tenet de Laubadère qui est inscrit sur l'Arc de Triomphe.

Nathan D. Jensen a montré que le nom inscrit juste à côté de celui de Laubadère, en colonne 06, est celui de Delaage. Or Delaage se signale à Arlon le 9 juin 1793. C'est même son plus beau fait d'armes. La proximité des deux noms renforce la probabilité de la présence du nom de Germain Félix Tenet de Laubadère, qui est  blessé à Arlon alors qu'il est sous les ordres de Delaage.

 

Conclusion

Il est difficile de départager les deux frères Tenet de Laubadère pour savoir auquel correspond l'inscription LAUBADERE sur l'Arc de Triomphe. Cependant Germain Félix est un peu mieux placé car il s'est illustré dans l'offensive d'Arlon alors que Joseph Marie ne s'est illustré que dans l'action purement défensive de Landau.

A. D. Février 2012

 

P. LAROUSSE : Grand dictionnaire universel du XIXème siècle, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel, 1865 à 1878 - Articles Landau, Tenet de Laubadère Germain-Félix, Tenet de Laubadère Joseph-Marie

M. MOLIÈRES, N. GRIFFON de PLEINEVILLE : Dictionnaire des Braves de Napoléon, Paris, Le Livre chez vous, 2004

G. SIX : Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, Paris, G. Saffroy, 1934

Service Historique de la Défense (Château de Vincennes) : dossiers LAUBADÈRE Germain Félix TENET de (7Yd63) -  LAUBADÈRE Joseph Marie TENET de (7Yd43)

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